Famine nucléaire

Une famine nucléaire est une faminehypothétique considérée comme une menace potentielle consécutive à une guerre nucléaire mondiale mais aussi régionale. On pense que même les effets d’un refroidissement minime résultant d’un conflit nucléaire local pourraient avoir un impact considérable sur la production agricole en déclenchant une crise alimentaire mondiale parmi les survivants.

Tandis que l’hypothèse d’un « hiver nucléaire » est aussi populaire que largement débattue, la question de la potentielle rupture d’approvisionnement en nourriture dues aux effets des explosions et retombées à la suite d’une guerre nucléaire est moins sujette à controverse. Plusieurs livres ont été écrits sur la question de l’approvisionnement alimentaire, y compris Fallout Protection (en), Nuclear War Survival Skills (en), Would the Insects Inherit the Earth and Other Subjects of Concern to Those Who Worry About Nuclear War, et plus récemment au sujet de la gestion de la sécurité alimentaire après un hiver nucléaire extrême ou un hiver d’impact dans le livre Feeding Everyone No Matter What (en).

Avec ces textes d’introduction, des ouvrages plus officiels mettent l’accent sur l’organisation de l’agriculture et la radioécologie incluant : Nutrition in the Postattack Environment par la RAND Corporation[1], les plans de continuité du gouvernement pour la prévention de la famine dans On Reorganizing After Nuclear Attack[2] et Survival of the Relocated Population of the U.S. After a Nuclear Attack du Prix Nobel Eugene Wigner[3], tandis que ceux qui se concentrent uniquement sur la radioécologie et l’agriculture en tant que telles comprennent Effects of Fallout Radiation on Crop Production[4],[5], Behavior of Radioactive Fallout in Soils and Plants[6] et des contre-mesures pratiques qui devaient être prises par les agriculteurs au niveau individuel dans Defense Against Radioactive Fallout on the Farm[7].

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L’un des premiers travaux à discuter du problème des retombées, de l’agriculture et de l’approvisionnement en nourriture a été Herman Kahn en avec sa publication On Thermonuclear War (en). Kahn soutenait que si la guerre totale serait en effet une « catastrophe sans précédent », l’alimentation légèrement à modérément contaminée ne devrait pas être gaspillée car l’ingestion de cette nourriture par les personnes âgées n’entraînerait aucune augmentation observable du cancer dans cette cohorte. Cela est dû au fait que, comme les autres cancérigènes tel la fumée de cigarette, les cancers n’apparaissent pas immédiatement après l’exposition à des rayonnements ou, plus spécifiquement ici aux retombées nucléaires ; le cancer disposerait plutôt au minimum d’une période de latence de cinq ans, un laps de temps constaté durant l’étude médicale américaine Project_4.1 (en). C’est pour cette raison que les personnes âgées pourraient manger des aliments légèrement à modérément contaminés – le cas échéant – sans trop d’effets nocifs ; permettant ainsi de réserver la plupart de la nourriture non contaminée pour les jeunes générations.

De à , période durant laquelle l’hypothèse de l’hiver nucléaire était encore notoirement dans sa jeune « phase de modèle informatique apocalyptique à une dimension », plus de trois cents physiciens et scientifiques spécialistes de l’atmosphère, de l’agriculture et de l’écologie de plus de trente pays se réunissaient autour du projet Scientific Committee on Problems of the Environment-Environmental Effects of Nuclear War (SCOPE-ENUWAR). Ce projet a évalué les conséquences globales d’une guerre nucléaire et rendu une publication en deux volumes intitulée Environmental Consequences of Nuclear War, détaillant les effets physiques, atmosphériques, écologiques et agricoles d’une guerre nucléaire globale[8],[9]. La publication prévoie que des milliards de survivants d’une guerre nucléaire, même dans les pays non combattants, pourraient faire face à une chute de l’approvisionnement en nourriture (si les contre-mesures de « continuité du gouvernement » n’étaient pas appliquées), plongeant les survivants dans un « niveau élevé de malnutrition, de famine » et de situations désespérées, « seulement une petite fraction de la population mondiale actuelle pourrait espérer survivre quelques années »[10].

Plusieurs processus menant à un manque de nourriture massif et global peuvent être impliqués. Pour commencer, les cultures, la nourriture stockée et les fournitures agricoles tels que les engrais et pesticides peuvent être détruits instantanément par les explosions nucléaires ; la contamination du sol, de l’air et de l’eau peut rendre les aliments impropres à la consommation, les cultures incapables de pousser correctement ; les feux incontrôlables peuvent entraver les activités agricoles de base, de la récolte ou de la cueillette. Les experts ont prévu que durant les premières années suivant une guerre nucléaire, les processus plus complexes comme la paralysie de l’économie internationale et des systèmes d’échanges commerciaux, l’effondrement du transport alimentaire mondial et des réseaux de distribution, la perte des incitations aux exportations et importations, le stress climatique extrême sur les écosystèmes et le chaos qui en découle, ainsi que la perturbation de la société peuvent notoirement aggraver la pénurie alimentaire[11].

À la suite de la publication de Environmental Consequences of Nuclear War (« Conséquences Environnementales d’une Guerre Nucléaire »), d’autres études ont vu le jour basées sur la modélisation et l’analyse d’hypothétiques échanges nucléaires entre les nations possédant la bombe atomique. Les conclusions de ces études illustrent qu’une guerre nucléaire est une route auto-destructrice vers la famine de masse et a fait écho à la déclaration faite dans The Medical Implications of Nuclear War (« Les implications médicales d’une guerre nucléaire »), une publication de la National Academy of Sciences, selon laquelle « Le mécanisme primaire de pertes humaines ne serait probablement pas dû aux effets de l’explosion, ni des brûlures du rayonnement thermique, ni du rayonnement ionisant, mais plutôt à la famine généralisée »[12].

Bien que le nombre total d’armes nucléaires dans le monde ait diminué de deux tiers (comparativement au début des années ) à la suite du traité de réduction des armes stratégiques (START) entre les États-unis et l’Union soviétique,  des experts pensent que le risque d’un conflit nucléaire n’a pas diminué, mais au contraire, a augmenté[13]. Ceci étant dû à la prolifération nucléaire puisqu’un plus grand nombre de pays tels que l’Inde, le Pakistan ou la Corée du Nord possèdent maintenant un arsenal nucléaire, augmentant le risque d’un conflit nucléaire régional. Tensions militaires croissantes, accidents, sabotages et cyberattaques sont de potentiels déclencheurs d’une perturbation nucléaire massive et d’une famine régionale sinon mondiale.

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